Les Réalités Perdues

Qu'est-ce que la réalité ? Un cheval ? Un cornichon ? L'amour ou l'eau qui tombe du ciel ? Explorons ainsi, dans l'incertitude troublante et vacillante d'un monde étrange, les limites d'une réalité qui est en train de s'écrouler, pour donner lieu à quelqu

A propos de l'auteur Upermuk

Julie Donck
Date de naissance : 10 juillet 1992
Email : Contactez-moi
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Quelques mots sur moi

Note : si vous voulez tailler la bavette sur Skype, ajoutez julie.donck :)




REALITES

La réalité. Fluctuante, ondulante, cyclique. Jamais stable.

Je rêve où j’évade ? Dans ce monde silencieux peuplé de secrets, les règles d’appoint qu’on se construit chaque jour en se levant s'effondrent sans traces, ne laissent pas même une structure.
Et pourtant là-derrière, il y a une structure secrète. Une architecture cachée des yeux du grand monde qui n’est accessible qu’à ceux qui acceptent de les fermer pour mieux voir.

Fermez les yeux...
Vous voyez des taches.
Fermez-les fort.
Les taches vibrent....

Bientôt un autre monde se dessine, un monde artificiel, qu’on rêve. Moins réel ? J’en doute. Ce sont de vastes étendues artificielles, aux éléments dénotants, intrus. Vous pourrez y voir les arbres verdoyants dans le désert, les lacs flamboyants au milieu des plaines. On réapparaît dans ces mondes-là, parce qu’on disparaît de ce monde-ci ; l’un meurt pour donner naissance à l’autre.

Ce n’est pas une construction réfléchie ; l’acte est inné, il se fait seul, sans vous. Le Monde Souterrain c’est moi et ce n’est pas moi ; il me passe au travers... Il passe au travers de mes pensées comme une traînée douceâtre et furtive, ne laisse qu’un petit parfum de mystère entre deux pensées banales.
Soudain du problème mathématique surgit une forêt ondulée.
Soudain de la compote de pommes faite maison sort un arbre à crêpes.
Soudain du Syndrome de Marfan sort Zerkalo, le Miroir.


MIROIRS

Reflet d’un monde, dualité des choses ; l’envers de nos vies. Le secret y devient évidence, l’évidence y devient secrète ; les architectures se mélangent. Négatif : les gris restent.
L’homme prend la tête d’un loup, la tâte, pleure en se voyant. Mais n’est ce pas sa véritable apparence ? Dieu-chacal, Dieu-Mort, dieux à regrets ? Qu’ai-je fait pour avoir pareille tête (mais mes yeux restent bleus) ?
Le regard du chien s’interroge en ses propres profondeurs (inexistantes) et il sondera le vain pendant longtemps.

Dans l’envers des choses on est condamné à regarder à l’intérieur de soi-même ; le miroir va au-delà du monde des apparences. Un miroir qu’on regarde sans y prêter attention n’est pas le Miroir, c’est un objet. Le miroir ne devient Miroir que lorsqu’on s’attarde à regarder non pas notre visage évident qui nous fait face, mais lorsqu’on accepte de voyager aux tréfonds de notre univers (oserais-je dire de notre âme ?).




VOYAGE

Et voilà, dans le voyage en spirale entamé en direction des secrets qui désormais s’ouvrent en lieux communs, le temps s’arrête.
Ou plutôt son élasticité change. Il devient répétitif, cadencé. Le balancement de cette branche s’est déjà produit une infinité de fois, le reflet de cette eau miroite depuis... des millénaires ? des secondes ?... Nul ne saurait le dire.
Mais le rythme reste là.


RYTHME

Quand tu dors, tu entends tes pulsations ?
Le cœur qui mesure le temps de vie restant dans l’endroit, marque sa cadence infinie dans l’envers. Il n’est plus sablier mais calendrier éternel et n’indique non plus l’heure à laquelle nous nous trouvons sur l’axe temporel mais le rythme sur lequel tu dois exécuter ton mouvement. Parfois il s’accélère, parfois il ralentit, et le temps devient élastique.


ETERNITE

L’étendue. Le désert en son intérieur est éternel ; pour celui qui y est perdu, les dunes s’y répètent inlassablement. Dans le monde de l’envers, quand la réalité qu’on s’invente meurt, tout se profile en dimensions interminables : l’arrêt du temps prend tout son sens. Un monde infini est un monde où le temps n’existe plus tel qu’on le connaît ; sans limite à chaque côté de la droite, le repère meurt, seul reste la cadence.
En abolissant le temps, on n’a plus à se presser pour explorer les mondes éternels : ils arrivent à nous en un coup comme en 100 000 ans. On perçoit tout, la compréhension disparaît : on sait, mais on ne sait pas comment.


PERCEPTION

Finissons-en avec les mots, finissons-en avec le construit : l’envers n’est pas construit en hauteur, il s’étend en largeur. Nous ne sommes plus dans le domaine du compréhensible, mais du sensible. On sait. Et ce qu’on sait se déconstruit en s’étalant, les rouages perdent leur forme, fondent et laissent émaner leur essence.


SOLITUDE - DESERT ET LABYRINTHES

Dans ce désert de plaines grasses ou de sables la solitude est inévitable pour celui qui ne sait s’en extraire. Le Désert est plus fallacieux que le Labyrinthe : il laisse entendre qu’il y a autant de sorties que l’on souhaite, d’ailleurs il y en a : mais il faut les inventer. Le labyrinthe n’a que l’entrée et la sortie, un seul parcours existe pour s’en défaire. On entre dans le Labyrinthe ; dans le Désert, on y tombe. Le moyen pour en ressortir est de s’envoler. Les barrières du Désert sont invisibles et silencieuses ; celles du Labyrinthe oppressantes et murmurantes ; tous deux sont éternels. Tous deux de même nature.




RENCONTRE (L’ACCIDENT)

Et pourtant, l’anomalie est toujours de mise dans pareils cas. Il arrive systématiquement qu’une rencontre impromptue ait lieu en ces contrées renversées. La rencontre avec la Sphinge, lionne à tête de femme, rencontre avec le Dieu-Mort, homme à tête de loup. Reflets l’un de l’autre, deux facettes du Soi. L’une détruit, l’autre reconstruit ; l’un est détruit, l’autre reconstruite : le Dieu-Mort se détruit en construisant, la Sphinge construit en détruisant.
Le Dieu-Mort est un passeur, il entend le Rythme qui sourd au lointain et indique sa reprise ; la Sphinge est la Vivante, elle parcourt le cercle et se laisse ponctuer par le Rythme indiqué.


REVEIL

Et puis le rêve s’évanouit, subitement.
Seules restent quelques bribes d’infinité, qui passent emplies de mystère : la logique ne les comprend pas, et leur architecture secrète restera cachée pendant la veille, pour reprendre ses droits dans les rêves qui s’étendront chaque nuit.

On se lève. On reconstruit la réalité.

On va se brosser les dents, et on oublie.